Focus sur un proje de recherche

LINDDA, le projet qui va aider l'agriculture à se mettre au vert

1 janvier 2023
1 janvier 2028

L'Inrae, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, a appelé le Centre de recherche sur le travail et le développement (CRTD) du Cnam à se joindre à un très gros et prestigieux projet de recherche fondamentale dédié à l’agroécologie et le numérique. Financé à hauteur de 65 millions d'euros dans le carde du plan d'investissement "France 2030", ce projet porté par l'Inrae et l'Inria et coordonné par le Learning Planet Institute, durera 5 ans.

Copyright The Noun ProjectLINDDA, la recherche fondamentale au service de la transition agroécologique

LINDDA pour Linving Infrastructure to Design responsible Digital technology for Agroecological transition. Soit, en français : Concevoir l'infrastructure vivante pour un numérique responsable au service de la transition agroécologique.

Le projet LINDDA vise à concevoir des ressources de design et de recherche interdisciplinaire pour le développement de services numériques pour la transition agroécologique. Il fournira des moyens et des ressources pour consolider des infrastructures évolutives et vivantes, pour faciliter les innovations couplées et le passage à l’échelle d’initiatives locales. Ces ressources seront accessibles aux autres projets du PEPR (Programmes et équipements prioritaires de recherche). 

La transition agroécologique exige des changements de paradigmes pour donner la priorité à la diversité (de la production, des acteurs, des conditions réelles de mise en oeuvre, au niveau du paysage), pour passer du local au global et pour alterner rapidement entre pratiques et théories. Le numérique soutiendra de tels changements à condition que le champ d'application embrasse plusieurs systèmes techniques, plusieurs pratiques sur plusieurs sites. Les infrastructures - ainsi que le démontrent les Sciences and Technologies Studies - articulent des systèmes et des sites, se développent de manière incrémentale, permettent des processus transparents et dépendent de conventions d’usage. Notre hypothèse est que, pour la transition agroécologique, ces infrastructures doivent avoir des caractéristiques “vivantes” qui sont à caractériser. 

Dans cette perspective, LINDDA associe des compétences en Design et conception interdisciplinaire, modélisation, robotique et ergonomie pour réaliser une recherche se concentrant sur la façon de concevoir les activités pour une agriculture digitale responsable, en s’intéressant aux participants humains, au vivant et aux éléments non vivants qui bénéficient de et constituent l'infrastructure. Nous nous intéressons à leurs interactions marquées par les échanges de connaissances et de concepts à l'intérieur et à l'extérieur de l'infrastructure : médias et supports de conception et de communication, valeurs, technologies, interfaces, etc, afin de favoriser les nouvelles proximités d’intérêt dans une agriculture digitale responsable. 

L'initiative comporte deux niveaux avec des activités imbriquées : 

1) La mise en oeuvre d'une plateforme de recherche en Design et conception interdisciplinaire qui a pour objectifs i) de composer les moyens de médiation au service de projets pour une agriculture digitale responsable et ii) de caractériser les propriétés des infrastructures vivantes et leurs modes de conception. 

2) La réalisation de deux projets de recherche emblématiques impliquant des socio-écosystèmes locaux, s’appuyant sur la plateforme de recherche et constituant des preuves de concept. Ils explorent des échelles complémentaires : 

a) Les transitions agroécologiques au sein des territoires et les outils numériques pour soutenir les capacités des acteurs à concevoir, développer et évaluer de manière collaborative. Des scénarios basés sur des inventaires, des modèles et des évaluations des métabolismes territoriaux seront étudiés. 

b) L'autonomie des agriculteurs dans la construction et la gestion de leurs systèmes agroécologiques. Nous étudierons comment une approche High-Low tech peut permettre de coupler les transitions numériques et agroécologiques. 

Les résultats attendus sont : 

  • Outiller le travail inter/transdisciplinaire et le partage de connaissances entre chercheurs, décideurs, autres intermédiaires, agriculteurs, citoyens par des objets de médiation actionnables par chacun. 
  • Préciser les propriétés des infrastructures vivantes, à même de soutenir les transformations associées à la transition agroécologique et les solutions numériques pour les systèmes agroécologiques dans une approche ouverte. 
  • Relier différentes échelles d'activités et de politiques (des exploitations agricoles aux systèmes alimentaires et aux territoires) via des médiations, visualiser et traiter les impacts potentiels. 
  • Préciser la valeur ajoutée de la culture du design pour développer une agriculture numérique responsable. 

Copyright The Noun ProjectLINDDA, projet PEPR de son État

Les programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), un financement prestigieux et d'envergure dédié à la recherche fondamentale

Au sein du volet « dirigé » de France 2030, dit « Financement des investissement stratégiques », une action est dédiée au financement de la recherche la plus fondamentale (TRL 1 à 4) : les programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR).

Ces PEPR visent à construire ou consolider un leadership français dans des domaines scientifiques liés ou susceptibles d’être liés à une transformation technologique, économique, sociétale, sanitaire ou environnementale et qui sont considérés comme prioritaires au niveau national ou européen. Un montant cible de 3 Md€ est prévu sur cette action.

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Copyright The Noun ProjectLINDDA, pièce du puzzle du futur

France 2030 - Agroécologie et numérique : l’État investit 65 millions d’euros dans un nouveau programme de recherche

Lancé le 6 janvier dernier devant 150 acteurs de la recherche, de l’enseignement supérieur, de l’innovation et des filières à la Cité des Sciences et de l’Industrie, le programme est doté de 65 millions d’euros de France 2030 sur 8 ans. Il a pour ambition d’accélérer la troisième révolution agricole, fondée sur le vivant et la connaissance. Ce programme financera des travaux de recherche de haut niveau et accompagnera l’innovation et son déploiement dans les territoires. Il permettra également de renforcer l’action académique dans ces domaines, en particulier en associant étroitement les grandes universités de recherche et de fédérer un écosystème de recherche à l’interface entre agroécologie et numérique, travaillant autour de quatre axes :

  • L’accompagnement des changements de pratiques en étudiant la place et le rôle des technologies, leurs impacts, et les politiques publiques ;
  • La caractérisation des ressources génétiques animales et végétales, afin d’évaluer leur potentiel en faveur de l’agroécologie et favoriser leur déploiement
  • Le développement des nouvelles générations d’agroéquipements, grâce aux technologies numériques et à la robotisation. Elles assisteront les agriculteurs dans leur travail et permettront par exemple d’améliorer la santé des animaux et leur bien-être grâce à des bâtiments d’élevage connectés où de réduire l’usage de produits phytosanitaires par une agriculture de précision ;
  • Le développement des outils numériques d’aide à la décision, en particulier d’intelligence artificielle pour la collecte puis l’analyse des données en agriculture, au service de pratiques agricoles plus efficaces.

En savoir plus +Lire la suite du communiqué de presse du Ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire